Shayne Dark, nature et couleurs franches

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Quand on rencontre le sculpteur ontarien de 59 ans, on est impressionné par le contact sympathique qui s’établit rapidement. Ses yeux se mettent immédiatement à briller quand on lui parle de vieux troncs d’arbre et de bois flotté : «Quand je vais prendre des marches dans la forêt où j’habite, explique Dark, je ne peux m’empêcher de rapporter de vieux morceaux de bois qui m’interpellent. D’ailleurs, je ne suis pas le seul, car je vois souvent de vieilles madames qui traînent de vieux troncs stylisés pour les placer au centre de leur pelouse. Dans le fond, elles aussi découvrent la beauté artistique que nous livre la nature.»

L’artiste nous explique que c’est dans son atelier que les choses prennent vraiment vie : «Un coup que les pièces s’empilent dans mon atelier, je les place et les déplace. À un certain moment, le clic se fait et je sais dès lors ce que sera l’œuvre. Ma création n’est pas si cérébrale qu’on le croit. En fait c’est la nature qui, la plupart du temps, créée 75% de l’œuvre. Je ne suis qu’un interprète.»

Traduire le langage des choses
Le sculpteur dit qu’il travaille avec son cœur, sa tête et ses bras. Il décèle des messages dans tout ce qui l’entoure : «On perçoit des références dans tout ce qui nous entoure. Quand on voit un rocher, on sait déjà qu’il est lourd, dur et lisse; nous attribuons des qualités à tout ce que nous voyons. Les artistes vont juste un peu plus loin, car ils savent traduire le langage des choses.»

Rouge vif et bleu frappant
Si on lui parle des rouges criants et des bleus frappants de certaines de ses œuvres, Dark explique que ces couleurs sont compréhensibles pour tout le monde : «Si les gens ne saisissent pas les messages subtils véhiculés par mes œuvres, du moins ils entrent en relation avec les couleurs. Ils en tirent ainsi quelque chose qui les rejoint. C’est mon but et ça marche.»

L’art et le sexe
L’exposition au Musée des beaux-arts de Sherbrooke impressionne par la grandeur des œuvres qu’on y trouve. De grandes formes ressemblant tantôt à de grandes araignées, tantôt à de grands insectes sans tête occupent l’espace du musée. À ceux qui, comme moi, ne l’avaient pas remarqué, Dark explique qu’il y a des références sexuelles dans certaines des œuvres exposées : «Si vous regardez bien, au sommet des grandes formes rouges, on discerne des testicules sur l’une et un vagin sur l’autre. L’assemblage de troncs et racines qui sera suspendu au plafond représente une vingtaine de pénis stylisés. C’est bien normal, le sexe fait partie de la vie et de la nature, souligne l’artiste».

Il faut donc aller voir cette exposition dont l’ampleur et la grandeur font qu’une description écrite ne pourra jamais rendre honneur. Shayne Dark est un artiste vrai, sincère et affranchi et même s’il ne parle que l’anglais, ses œuvres, elles, parlent en toutes les langues.

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