Quotidien en basse résolution

28 octobre 2013
Quotidien en basse resolution

Quotidien en basse resolution

Inhabituel n’est-ce pas? Le chroniqueur chroniqué. L’artiste qui se chronique lui-même. L’autocritique du chroniqueur artistique. Pourquoi pas, le truc est audacieux et demande une bonne dose d’humilité. Je me m’expose en toute simplicité.

Lorsque Patrice m’a glissé l’idée dans le combiné du téléphone, j’étais sceptique, à vrai dire, je ne trouvais pas ça très sérieux, l’artiste qui rédige sa propre chronique. 1 soit qu’il n’y a vraiment personne qui s’intéresse à l’expo ou 2 cet artiste se la pète solide. Que nenni, vous avez tort dans les deux cas. Tout d’abord, il y a au moins Mme Suzanne Pressé, coordonnatrice des expositions et de l’animation de la Galerie du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke et Patrice de Zone Art qui s’intéresse à l’expo, donc, ça fait deux. Pour ce qui est du pétage d’image, eh bien non, je la joue en toute humilité…

Donc, Patrice m’appelle, il me propose ce truc de ouf et moi je tergiverse dans le oui, c’est OK. Alors voilà, ma première autochronique ever!

Quotidien
L’exposition «Quotidien, en basse résolution» est une série de lomographies en noir et blanc de paysages sherbrookois. Évidemment, nous y retrouvons des portions de la ville, de boulevard, de la rue Alexandre et divers autres endroits glanés ça et là.  Le tout transmis de façon brouillée afin que le cliché donne l’impression d’avoir été pris n’importe où. L’idée derrière cette approche, c’est surtout que je ne voulais pas faire un guide Michelin de ce travail. C’est au cours de mes nombreuses marches sur le tarmac de la cité que j’ai récolté la plupart de ces images. Tantôt totalement floue, tantôt plus fantomatique, ces lomographies se veulent un parcours qui situe le spectateur dans un autre lieu et voire même une autre époque.

Quotidien en basse resolution

Quotidien en basse resolution

Basse résolution
Lunette haute définition, téléviseur haute définition, la vie en haute définition quoi. Moi, je mets la Switch de la définition à off et je restreins la résolution à une plus simple expression. Un animateur radio a mentionné que je calibrais mal mes images dans le but de confondre le spectateur, je corrige. Si je calibre mal mes images et que je laisse ainsi une photographie floue et brute, c’est dans un but de créer une ambiance, voilà le cœur de la lomographie. Mon intérêt n’est pas de vous montrer l’image telle qu’elle est, je laisse ça à d’autres, mon but c’est d’essayer de vous faire vivre une émotion au travers l’ambiance que l’image dégage. Je me fous que ce soit net et propre, je veux laisser intact ce qui peut être considéré comme une erreur ou une mauvaise photo pour certains.

Dans toute sa simplicité, le travail en noir et blanc m’apparaissait comme une alternative intéressante pour traiter les scènes. Ainsi, l’image reste intemporelle et anonyme. Je le répète, l’idée ici n’est pas de faire la promotion d’une ville ou d’un quartier, mais plutôt de laisser le spectateur dans le flou afin que l’émotion prenne le pas sur le rationnel.

Quotidien en basse resolution

Quotidien en basse resolution

Lomographie+//Poésie
Alors que nous sommes habitués à savoir où l’on va; à faire des choix éclairés; à contrôler notre environnement; à chercher un hyperfectionnisme; à exiger le meilleur; à être le meilleur, je veux promouvoir l’imprécis, l’imparfait et le spontané.

Le principe de la lomographie provient de ces bases, tout comme la poésie dans sa forme prosaïque. Ces mots/images parfois déroutantes, laissent ainsi le champ libre à une interprétation personnelle.

Autoportrait au radiateur
Ce recueil de poèmes, édité sous forme de journal quotidien, s’est présenté à mon esprit comme le livre idéal où piger les phrases que je voulais amalgamer à mes images. L’aspect intemporel des écrits de Bobin était parfait pour accompagner mes images troubles.

Donc, ce rendez-vous lomographique se fera du vendredi 31 octobre au 15 décembre 2013 à la Galerie d’art de l’Université de Sherbrooke.

Laissez vous transporter par les mots de Bobin et faites votre propre idée.