Nathalie Ampleman, passion et bichromate

15 juin 2011

Les yeux pétillent, les paroles se bousculent, les mains s’envolent; Nathalie Ampleman parle de la photographie. Cette artiste photographe utilise une technique vieille de 150 ans pour produire ses tableaux. En effet, mis au point en 1855, l’utilisation de la gomme bichromatée est le premier procédé photographique couleur.

De l’argentique au bichromate
«Quand la photographie est passée de l’argentique au numérique, j’ai perdu intérêt, explique-t-elle. Avec le numérique, le niveau d’intervention a beaucoup changé de sorte que je ne retrouvais plus le processus manuel que j’aimais tant. C’est en découvrant les travaux du Français Claude Bouchez que Nathalie ralluma sa flamme.»

«Dans le processus de création de la photo bichromatée, je retrouvais enfin l’intervention active qui me manquait avec la photo numérique. Je pouvais enfin intervenir sur l’image et créer une œuvre totalement différente à partir d’un de mes clichés. Tout ce que j’aime était rassemblé : la prise de vue, la composition photographique, le développement, le traitement des couleurs et l’utilisation du pinceau.»

Contes d’images
Après une année complète d’expérimentation, l’artiste parvint à maitriser la technique et produisit deux collections : Contes d’images et Contes urbains. Contes d’images est un écrin de petits bijoux. Le traitement de ces images est indiscutablement sublime. Alliant un caractère vieillot à des thèmes sobres ces œuvres semblent venir du passé. On se méprend souvent à croire qu’il s’agit là de peinture, mais non, c’est bien de la photo. Et la comparaison ne s’arrête pas là, car les toiles traitées au «bichromate de potassium» acquièrent une durée de vie comparable à celle des peintures à l’huile.

Dans la collection Contes d’images, il faut absolument souligner des toiles comme La liseuse et Marion cendre. Les œuvres de cette collection, dont les personnages sont  Marion, Lorelou et Arnaud, les enfants de l’artiste, dégagent une chaleur et une émotion remarquable. «Il m’a fallu  beaucoup de préparations pour cette collection, explique Nathalie. Dû au fait que les enfants ont bien de la difficulté à rester en place, je devais avoir déterminé au préalable la composition du tableau. De sorte qu’au moment de la prise de vue, les enfants n’avaient pas le temps de perdre intérêt. Par contre, le fait que mes jeunes sont habitués d’être sous l’objectif de mon appareil photo facilite grandement le travail.»

 

Contes urbains
La collection Contes urbains représente bien l’évolution de la démarche de Nathalie. «Je me promène beaucoup et j’aime l’environnement urbain et le «trash». Étant donné que les graffitis représentent bien l’urbanité, cet art populaire a mérité mon attention. Je me suis dit  je vais immortaliser ces signatures d’art dans la ville.» Et ce fut la naissance de cette collection où  l’on retrouve des trains, des graffitis, des paysages délavés et, souvent, une présence humaine. D’ailleurs, c’est sans doute cette aura mystique qui fit gagner le deuxième prix au tableau Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux lors du concours de photo Flicker de la Biennale de Montréal 2011.

Nathalie Ampleman est, sans conteste, une artiste spéciale aux œuvres exceptionnelles dont il faut absolument suivre la trace. Car, c’est l’évidence même, en plus de devenir célèbre, son œuvre traversera le temps.

Prochaines expositions
Exposition en duo avec Claude Bouchez à la galerie Steve Saint-Pierre de Sherbrooke. 41 rue Wellington Nord. Le vernissage aura lieu le jeudi 7 juillet de 17h à 19h.
5 juillet au 10 juillet 2011

Participation à l’exposition collective « Estampes » à la galerie L’espace contemporain à Québec.
31 mai au 12 juin 2011

Entrevue Radio-Canada

Site Web de l’artiste

Nathalie Ampleman à la Grande Virée Artistique du 25 juin au 3 juillet