La galerie Morgan Bridge, l’univers underground de la Basse-Ville de Québec

26 mars 2012

Lors d’un voyage à l’étranger, huit jeunes artistes bourrés de talents firent la connaissance de M. Bridge, Morgan de son petit nom. Homme d’affaire prospère, grand amateur d’art, Morgan Bridge offrit de devenir le mécène de ce groupe d’artistes prometteurs… Ainsi roule le mythe entourant la galerie d’art Morgan Bridge.

Située sur la rue du Pont, en plein cœur de la Basse-Ville de Québec, la galerie qui a pignon sur rue, bénéficie d’une notoriété certaine auprès du milieu underground. Aujourd’hui, je lève le voile sur cette folle lubie, voici donc le fond de l’histoire, la vraie…

Galerie d’art Morgan Bridge

2007, Morgan Bridge arrive en ville

Ce qui est vrai, c’est que cette galerie provient effectivement d’une union entre huit artistes de la ville de Québec. C’est de ce collectif qu’émergera Morgan Bridge. « L’idée d’inventer le personnage Morgan Bridge, c’était plus pour amener les médias ailleurs que sur notre statut de graffiteurs. Souvent, ils restent collés à cette image, ce qui, malheureusement réduit considérablement notre champ d’action. » M’explique tout bonnement M. Alexandre Lemay, directeur de la galerie.

Depuis 2007, beaucoup d’encre, de peinture et de bières ont coulées sous le pont, même si le collectif n’est plus « officiel », les amis sont toujours là pour donner un coup de pouce à Alexandre afin de contribuer au rayonnement de Morgan Bridge.

Street art, boutique et happening

Oie Mathieu GottiLa galerie se compose de plusieurs volets, nécessité oblige. À la base, il y a l’espace d’exposition. Tout artiste désireux de se faire voir au Morgan Bridge, débourse 200$ et a le droit de s’exposer sur les murs pour une durée d’un mois. Concernant le tarif, j’ai demandé à M. Lemay s’il y avait des réticences de la part des exposants. « Évidemment! Certains artistes rechignent à payer, mais c’est normal, durant toute leur formation ont leur apprend à quêter de l’argent. Il faut investir dans son art, et pas seulement dans la conception du truc. » À ce sujet, la galerie ne bénéficie d’aucune subvention afin de promouvoir ses expositions. « Si ce n’est pas assez viable pour survivre financièrement, c’est que ça n’a pas sa place. » Souligne Alexandre Lemay. « De toute façon, j’ai horreur d’être dépendant de toute cette paperasserie.» Location de murs, ventes de t-shirt et autres produits dérivés provenant des artistes, sont utilisés pour faire survivre la galerie. Grâce à ces revenus, cette dernière tire honorablement son épingle du jeu.

Young Sovitch hobo - Gaston SbuÉvidemment, compte tenu du patrimoine fondateur, son étiquette verse dans l’underground. Cette facette lui procure une singularité qui en fait sa renommé. L’apport collectif amène de nouveaux artistes à exposer. Les contacts, les amis tout ce réseau d’art alternatif donne le souffle qu’à besoin le Morgan Bridge pour développer sa notoriété. C’est tout un noyau d’artistes plus ou moins reconnu qui gravite dans l’univers du Morgan Bridge. « Le fait de participer à des événements comme la Manifd’art aide beaucoup pour la visibilité et la reconnaissance. » explique M. Lemay. Mis à part les arts visuels, la galerie s’est associée avec la formation P572 afin de pousser le volet événement musical expérimental. « Faire des happening mélangeant arts visuels et musique c’est une direction qui me plait bien et qui ouvre de nouvelles portes. »

Pour ceux et celles qui désirent en connaître davantage, vous pouvez aller visiter le blog de la galerie www.morganbridge.ca