Maurice Cullen

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À compter du samedi 16 octobre prochain, le Musée des beaux-arts de Sherbrooke présente Maurice Cullen et son cercle, une exposition organisée par le Musée des beaux-arts du Canada, qui a été vue à Vancouver, à Saint-Jean (Terre-Neuve), à Charlottetown et à Kleinburg (Ontario) avant de s’arrêter au Musée des beaux-arts de Sherbrooke, seule ville québécoise inscrite à la tournée. L’événement se poursuit jusqu’au 9 janvier 2011 et le vernissage aura lieu le samedi 23 octobre à 17 h.

L’exposition : James Wilson Morrice disait de Cullen qu’il allait « à l’essentiel ». Pour Clarence Gagnon, ce dernier était « très avancé sur son époque au Canada ». « Quand je n’avais pas le moral, disait Albert Robinson, j’allais dans son atelier et j’en repartais toujours plein d’inspiration ». S’exprimant au nom du Groupe des Sept, A.Y. Jackson affirmait en toute simplicité : « pour nous, c’était un héros ». L’exposition Maurice Cullen et son cercle, une exposition organisée par le Musée des beaux-arts du Canada, est une rare occasion d’admirer côte à côte des œuvres de Maurice Cullen (1866-1934), de certains de ses contemporains et de la nouvelle génération d’artistes qu’il a inspirés. Regroupant près de 40 huiles de la collection permanente du Musée des beaux-arts du Canada, l’exposition jette un nouvel éclairage non seulement sur le travail de Cullen, mais aussi sur celui de certains artistes de sa génération, dont James Wilson Morrice et William Brymner. Elle réunit également des tableaux d’artistes influencés par Cullen, notamment son gendre, Robert Pilot, et le futur membre du Groupe des Sept A.Y. Jackson.

Né à St. John’s (Terre- Neuve), Maurice Cullen a passé la plus grande partie de sa vie adulte au Québec où il avait commencé ses études d’art. En 1889, à l’instar de bien d’autres jeunes artistes canadiens en herbe, il partit perfectionner son style à Paris et s’inscrivit à l’Académie Julian où il se peut qu’il y ait rencontré pour la première fois Brymner et Morrice. Les trois hommes restèrent associés et amis toute leur vie. Voyageant dans différentes régions du Canada et d’Europe, les artistes ont appliqué à leurs propres rendus des paysages européens, nord-africains et canadiens les notions de la peinture impressionniste apprises à Paris. Non seulement saisissaient-ils les qualités fugaces de la lumière et des couleurs, mais ils fixaient les instants fugitifs d’un monde en transformation, s’intéressant aussi bien au rythme paisible et tranquille de la campagne qu’à l’effervescence des marchés urbains. Cette exposition rassemble de nombreuses toiles peintes par Cullen et son cercle au Canada et à l’étranger. À l’inverse des paysages ruraux de l’hiver canadien qui l’ont rendu si célèbre, ces œuvres révèlent les relations compliquées qui marquaient les limites urbaines et rurales de villes telles que Montréal et Québec à cette époque. Beaucoup n’ont pas été exposées publiquement depuis près de vingt ans. Un catalogue accompagne cette exposition organisée par Crystal Susan Parsons, candidate retenue pour le Programme de conservatrice ou conservateur invité(e) du Musée des beaux-arts du Canada en 2006.

Notes biographiques : Maurice Cullen, William Brymner, James Wilson Morrice et Edmund Morris, tous actifs au tournant du 20e siècle, étaient à la fois confrères, associés et bons amis. On peut établir de nombreux parallèles entre le parcours des quatre hommes. Après avoir été poussés vers d’autres occupations par des parents bien intentionnés, ils ont tous fini par embrasser une carrière artistique influencée par le riche milieu culturel parisien.

Maurice Cullen (1866-1934) naît à St. John’s, terre-Neuve, et grandit à Montréal, où sa famille s’établit alors qu’il est tout jeune. C’est à Montréal qu’il entreprend une première carrière dans la vente auprès de l’importateur grossiste Gault Brothers & Co. À la même époque, il suit des cours du soir en dessin et étudie avec le sculpteur de renom Louis-Philippe Hébert. Après le décès de sa mère, un petit héritage lui permet de quitter la vente pour se consacrer à plein temps aux beaux-arts. Il souhaite se diriger vers la sculpture, mais finit par opter pour la peinture. Il arrive à Paris en 1888.
Un peu plus âgé, William Brymner (1855-1925) naît à Greenock, en Écosse, et s’installe au Canada avec sa famille en 1857. Après avoir travaillé comme dessinateur au bureau de l’architecte en chef au ministère des Travaux publics, à Ottawa, il se rend à Paris avec l’intention d’y étudier l’architecture, mais lui aussi bifurque vers la peinture peu après son arrivée, en 1878.

Né au sein d’une famille aisée de Montréal, James Wilson Morrice (1865-1924) étudie le droit à Toronto où il est reçu au barreau en 1889. Il abandonne sans délai le monde juridique pour la peinture et s’embarque pour Londres et Paris. Il écrira plus tard à Edmund Morriss que c’est son amour de la peinture qui l’empêcha de retourner au barreau et qu’il s’en réjouit.

Le plus jeune membre du cercle est Edmund Morris (1871-1913). Né à Perth en Ontario, il passe ses premières années à Fort Garry (Winnipeg) où son père, Alexander Morris, occupe la fonction de lieutenant-gouverneur du Manitoba et des territoires du Nord-Ouest de 1872 à 1877. Son père tente de le persuader d’entreprendre une carrière plus lucrative dans le domaine de l’architecture. Après le décès de son père en 1889, Morris entre à l’atelier du peintre torontois William Cruikshank. L’année suivante, il part étudier à la Art Students League de New York avant de s’embarquer lui aussi pour Paris, en 1893.

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