Matériaux, formes et couleurs | La collection d’œuvres d’art de l’Université de Sherbrooke

25 janvier 2012

C’est sous un esprit de démocratisation artistique, que s’ouvre la nouvelle année à la galerie de l’Université de Sherbrooke. Saviez-vous qu’il y a 1000 œuvres qui sont exposées un peu partout dans le milieu universitaire ? Plusieurs lieux où se croisent étudiants, enseignants et employés de soutien se révèlent comme un espace d’exposition. Toutes ces créations proviennent de la collection permanente de l’université, qui elle, en contient 1600 au total. Ce fond, qui se compose d’une multitude d’œuvres d’artistes québécois pour la plupart, est une des plus impressionnantes dans le milieu universitaire.

C’est avec audace que vers les années 1960, le projet de mettre sur pied une collection d’œuvres d’art est lancé par M. Antoine Sirois et M. Claude Lafleur. De collectionner les œuvres n’a rien d’audacieux en soi, mais de diriger la collection vers le contemporain l’était certainement dans les années 60. C’est donc, en accumulant les dons d’œuvres, que l’université a pu se bâtir ce très bel ensemble.

Riche de ce large éventail d’œuvres de qualité, l’université pouvait se tenir la tête haute. Malheureusement, au-delà des gens du domaine artistique, l’existence de cette magnifique collection vivotait un peu sous le couvert de l’anonymat. Certains lieux présentaient quelques échantillons, mais c’était sous une espèce de banalité ou d’abandon décoratif que les œuvres étaient disposées.

Une collection en mouvement

Avec la venue de la coordonnatrice, Mme Suzanne Pressé, un vent de changement a soufflé dans l’environnement de la galerie de l’université. C’est avec une énergie et une créativité que cette dernière a mis un coup de balai dans les rangements où se situaient les œuvres. Afin de leur faire prendre le grand air, Mme Pressé a mis sur pied des expositions qui présentaient la collection.

C’est donc sur invitation que plusieurs artistes de renom ont pu devenir commissaires et aller choisir les œuvres à même le fond. Il y a eu une dizaine d’événements de ce genre qui mettaient en vedette les œuvres de l’université. Selon Mme Pressé, « il est très important de partager ce bien culturel avec
le plus de gens possible » et c’est de cette poussée démocratique que Mme Pressé a démarré un système de « prêt » d’œuvre qui s’établit sur tout
le campus de Sherbrooke ainsi que sur celui de Longueuil.

Chaque employé, peut faire une demande de prêt pour accéder à une œuvre originale, cette œuvre sera accrochée dans le bureau ou bien dans l’espace publique afin que tous puissent en bénéficier. « C’est un fond ouvert afin que l’art se diffuse de façon accessible et de manière professionnelle », mentionnait Mme Pressé. Évidemment, cette collection est un levier exceptionnel pour cette dernière, qui adore partager sa passion de l’art.

À cette initiative, la réponse fut plus que favorable. Victime de leur succès, Mme Pressé devient une des conservatrices universitaires qui gère un des roulements d’œuvre des plus imposants. Avec ce projet, la coordonnatrice s’inscrit dans cette mouvance amorcée depuis quelques années, celle de rendre l’art au public. Ici, ce n’est pas le public qui vient à l’œuvre, mais l’œuvre qui va vers le public.

Jusqu’au 25 février 2012

Pour ceux et celles qui seraient désireux de voir en quoi consiste ce fond, vous pouvez aller visiter l’exposition Matériaux, formes et couleurs, qui a lieu présentement à la galerie de l’université de Sherbrooke. Plus de 70 œuvres sont présentées. Parmi ceux-ci on peut retrouver des Serge Lemoyne, Irène Whittome, Bonnie Baxter, Matthieu Brouillard, Richard-Max Tremblay et Chuck Close pour ne nommer que ceux-ci. Il y en a pour tout les goûts et les intérêts de chacun. Cette exposition démontre encore une fois que cette collection est bien vivante.

www.galerieudes.ca