L’exposition Portrait de Richard-Max Tremblay
Par Monique Nadeau-Saumier
Cette exposition est un retour aux sources pour Richard-Max Tremblay. Il fallait le voir rayonnant, entouré d’amis d’enfance, de vieilles connaissances et de parents lors du vernissage, le samedi 3 septembre, car la collectivité de sa ville natale lui a réservé une réception émue et chaleureuse. Il faut remercier Josiane Bolduc, la dynamique directrice de ce petit bijou de centre d’exposition, d’avoir eu la brillante idée de souligner le dixième anniversaire de la Maison de la culture de Brompton en présentant une mini-rétrospective de l’œuvre de l’un des artistes les plus influents de l’art québécois actuel.
D’emblée, dans la grande salle, le visiteur est confronté à deux tableaux importants, Scène, 2007, et Quête (à Sebald) 2010. Deux œuvres intrigantes de par leur sujet, qui semble dissimulé derrière un rideau ou une bâche, et de par leur facture, huile sur toile, qui tient d’un réalisme généralement associé à la photographie. Une belle entrée en matière, car Tremblay explore à la fois la peinture et la photographie depuis trente ans. L’exposition présente aussi des portraits photographiques d’artistes qui, en dépit de leur mise en scène sobre et dépouillée, permettent de saisir la personnalité complexe des modèles. Une série de ces portraits seront à l’honneur dans l’exposition Tête-à-tête : portraits d’artistes québécois signés Richard-Max Tremblay qui marquera l’inauguration du nouveau pavillon d’art québécois et canadien au Musée des beaux-arts de Montréal, le 29 septembre 2011.
Malgré l’espace d’exposition restreint de la Maison de la culture, on a réussi à présenter un survol cohérent de la production artistique de Tremblay, y compris, en plus des œuvres citées précédemment, des interventions en peinture sur photos et des œuvres sur papier.
Le site de la Maison de la culture et des arts de Brompton, entre la rivière Saint-François et une zone jadis ferroviaire et industrielle, est le décor parfait pour cette belle exposition. L’artiste s’y est reconnu avec émotion et a évoqué des souvenirs qui ont influencé son parcours artistique. Tremblay a quitté la région en 1972, après ses études en art au cégep de Sherbrooke, pour s’inscrire au baccalauréat en arts plastiques à l’UQÀM, puis poursuivre sa formation au Goldsmiths College of Art and Design, à Londres. Il n’est
revenu ici qu’à deux reprises lors d’expositions individuelles. La première, Richard-Max Tremblay. L’œuvre inquiète, a été présentée en 1996, à la Galerie d’art du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke, et l’autre, en 2001, Richard-Max Tremblay. Entre noir et blanc, au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. C’est dire qu’il faut profiter de l’occasion unique offerte par la Maison de la culture de sa ville natale, pour admirer, jusqu’au 9 octobre, un survol de l’œuvre de Richard-Max Tremblay, peintre et photographe de réputation internationale.
Une exposition d’œuvres récentes de Suzanne Pouliot, professeure retraitée de didactique de français à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke et détentrice d’un baccalauréat en Fine Arts de l’Université Bishop’s, peut être visitée à l’étage de la Maison de la culture de Brompton. On y trouve des tableaux qui allient textures et couleurs avec des résultats intéressants. Le marais, œuvre où se manifestent les talents de coloriste de l’artiste, est particulièrement réussie. Ce jumelage entre Richard-Max Tremblay, dont l’œuvre est très inspirée par la littérature, et Suzanne Pouliot, à la fois auteure et artiste, est une heureuse initiative dans la programmation de la Maison des arts et de la culture de Brompton.
Maison de la culture et des arts de Brompton
Jusqu’au 9 octobre, 2011



