Le sculpteur de lumière

Par

PinoBien malin celui qui réussira à décrire parfaitement les œuvres de l’artiste Pierre Noël. À partir d’une innombrable quantité d’objets recyclés, Pino, comme on l’appelle, crée ce qu’il qualifie de tableaux tridimensionnels, de tableaux-sculptures, d’œuvres trois-D.

Natif de Magog, le créateur passa ensuite son adolescence à Sherbrooke, puis,  il déménagea à Baie-Saint-Paul. Il transporta ensuite son patrimoine vers le Lac St-Jean où il demeura jusqu’à son retour récent à Sherbrooke.

Naissance des ombres
Mariant, bois, métal, peau et lumière, l’artiste nous entraîne dans un monde où l’œuvre change avec le moment du jour. Les objets artistiques qu’il expose, actuellement à la Galerie ArtFocus de Sherbooke, sont dotés, pour la plupart, d’une source de lumière qui ajoute une dimension temporelle à son travail : en effet, quand le soir arrive, les œuvres prennent une tout autre allure. Les ombres naissent et la lumière apparaît comme un cœur qui irradie de la création de l’artiste.

La naissance de l’œuvre
L’inspiration de Pino lui vient des objets avec lesquels il a un coup de foudre artistique : «Parfois, je tombe sur un objet qui m’inspire profondément une œuvre. Un morceau de métal vieilli, une pièce de bois flottant, une vieille raquette, tout peut être un point de départ vers la création», explique-t-il. On voit bien ces trouvailles en admirant les pièces exposées dans lesquelles on retrouve bien des matières : le bois, la ferraille, le fer forgé, le verre, le verre thermoformé, le cuir de babiche, le cuivre, l’ardoise, la pierre, la limaille de laiton, le bronze. S’ajoute à cela les systèmes d’éclairage discrets mais si important dans la production de l’artiste.

La lumière comme matière
Ce qui étonne dans l’œuvre de Pino, c’est l’utilisation qu’il fait de la lumière. Comme il le dit lui-même : «La lumière est une présence. C’est pour moi une dimension importante. Mes œuvres sont bien différentes la nuit, car l’objet affiche des côtés complètement nouveaux de sa nature. Je suis toujours étonné par les mille dessins que tracent les ombres autour de l’œuvre. Le soir, avec l’éclairage, mes tableaux subissent une mutation que seule la lumière peut engendrer. Je ne crée pas la lumière, je la sculpte par les ombres des matières que j’assemble. » Et l’effet est réussi, car les visiteurs, grands et petits, ont tous la même réaction d’admiration devant ces objets, parfois insolites, qui scintillent et jouent avec la lumière.

Aujourd’hui et demain
Quand on lui demande ce qu’il prévoit faire demain, les yeux de l’artiste s’illuminent, sa barbichette tremblote : «Je vais sûrement continuer à tailler la lumière. J’aimerais bien y ajouter l’eau; ça complèterait bien ma démarche. On obtiendrait ainsi l’union de la terre, du feu et de l’eau. »

En attendant, Pino continue à créer, à cogiter. Comme dans sa tête, il se promène un peu partout, ramassant une ferraille dans un champ, tombant en amour avec une pièce de machinerie rouillée dans une vieille grange. Il continue d’accepter les dizaines d’objets hétéroclites que ses amis lui apportent sachant son affection artistique pour les matières recyclées auxquelles il destine l’avenir noble de l’œuvre que l’on admirera et qui nous fera vibrer.

 

 

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