Les piliers de la Nef s’écroulent
Par Patrice Côté
Texte publié dans la Tribune du 11 octobre 2011.
Cette semaine on annonçait la fermeture du Centre d’art La Nef. En apprenant la fermeture de leur lieu de production et de diffusion, ces artistes sont maintenant laissés à eux-mêmes. La Nef est un endroit de diffusion exceptionnel au grand potentiel, probablement l’un des plus beaux de notre région. Tout récemment on apprenait également le changement de vocation de la Galerie Steve-Saint-Pierre. Deux lieux d’exposition ferment leurs portes en si peu de temps. Déjà que nous n’avions pas beaucoup de lieux diffusion… Décidément, force est de constater qu’à Sherbrooke l’implantation et l’appui à la culture semblent difficiles.
En 2008, j’ai créé Zone Art, une entreprise vouée au développement et à la promotion des arts visuels. On y dénombre aujourd’hui plus de 100 artistes membres dont une grande majorité sont de la région. J’y investis temps, argent et énergie. Disons-le franchement, je porte ce projet à bout de bras. Heureusement, le projet m’est rendu possible grâce à la contribution exceptionnelle de commanditaires qui partagent notre vision du rôle important de la culture dans notre communauté.
Ces généreux contributeurs sont conscients de l’importance du rôle qu’ils jouent et du réel impact qu’ils apportent par leur appui. Certains diront que c’est le rôle des gouvernements de soutenir la culture. Mais en ces années d’amaigrissement du rôle de l’État, c’est davantage la multiplicité des sources de financement qu’il faut privilégier et la solidarité du milieu des affaires.
J’envie les villes telles que Montréal, Québec, Trois-Rivières ou encore Baie-Saint-Paul où les galeries et les centres d’artistes occupent une place importante et contribuent à la vitalisation de leur milieu de vie. Une ville qui offre la possibilité à ses artistes d’oeuvrer, de se développer et de s’accomplir, a nécessairement un pouvoir de rétention, ce qui permet de prévenir l’exode de ses jeunes talents. Elle contribue à une vie plus animée de son centre-ville, beaucoup plus attirant pour les touristes, favorisant ainsi une économie plus pros- père.
La Ville de Sherbrooke pose sa candidature à titre de capitale culturelle du Canada et souhaite devenir un exemple dans le domaine de la culture. Ne serions-nous pas en droit de nous attendre à ce que la Reine des Cantons, où le talent des artistes est omniprésent, qu’il y ait des lieux consacrés aux artistes? En ce sens, pouvons-nous espérer que la Ville contribue d’abord à renforcer la vitalité des centres d’artistes en place?
Il faut aussi constater que plusieurs artistes sont, malgré eux, orphelins de tels lieux. Force est d’admettre qu’il manque à Sherbrooke un lieu de production, de diffusion (une galerie) d’art pour les artistes en arts visuels. Je suis certain que la Ville a le pouvoir de contribuer à créer un tel lieu de diffusion et de production pour les artistes en arts visuels.
