La Havane, un musée à ciel ouvert

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Cuba est l’une des destinations les plus prisées des Québécois pour ses plages et son climat subtropical des plus enviables. Dans ses lieux où abondent les touristes, il y a bien sûr La Havane. On est vite charmé par cette ville, fondée en 1519, aux styles architecturaux diversifiés, avec ses couleurs pastel et ses textures marquées par le temps. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir une véritable capitale culturelle où les arts visuels occupent une place importante.

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Des clichés interdits
C’est en visitant la collection des oeuvres cubaines au Musée national de Bellas Artes que j’ai pu constater toute l’ampleur et la richesse de l’art cubain, de la colonisation jusqu’à aujourd’hui. Au début de la visite, une oeuvre de l’ère post esclavagiste de Juana Burrero se démarque des oeuvres classiques qui présentent les conquérants blancs qui posent pour la postérité. C’est une peinture réalisée en 1896 où l’on voit trois enfants noirs tout souriants. Cuba serait l’un des derniers endroits dans le monde où l’esclavage aurait été aboli. Il y a aussi cette oeuvre qui présente un des moments marquants de la colonisation cubaine. On y voit Hatley, le premier héros du pays. On raconte qu’avant d’être immolé, il refusa d’être baptisé par les Espagnols de crainte de retrouver les chrétiens dans l’au-delà. Malheureusement, éthique muséale oblige, je n’ai pu prendre en photo cette oeuvre. Alerté par mon infraction, je me suis vite fait prendre par le service de sécurité. Petites parenthèses. À certains Musées tels que le Louvre à Paris nous pouvons prendre des photos, alors qu’à d’autres endroits, tel qu’au Musée d’Orsay, il est strictement interdit de prendre des clichés. De mon côté, sous le regard d’un gardien, j’ai dû jeter les photos que j’avais prises depuis le début de ma visite au Musée. Mais au grand dam de la surveillance, j’ai pu en préserver quelques une dont celle des trois enfants noirs.

 

L’art engagé cubain
Tout au long de la visite dans l’imposant Musée, on reconnait l’influence des grands courants artistiques européens qui ont marqué l’histoire de l’art, mais on y découvre une collection propre à l’art cubain avec ses couleurs chaudes des tropiques antillaises et son caractère latin. À la toute fin de la visite, c’est peu dire, tout un étage est entièrement consacré à l’art contemporain. 53 ans après la révolution cubaine, il est intéressant de constater à quel point l’art engagé y est aussi présent. Avec un regard critique sur le monde, celui des Cubains. Bien conscient de ce qu’ils ont et de ce qu’ils n’ont pas…

Par la qualité de ses oeuvres, ce musée n’a rien à envier aux grands musées du monde. Pour ma part, il fût tout aussi intéressant, sinon plus, que les musées européens que j’ai pu visiter.

En flânant dans les magnifiques rues pittoresques de la vieille Havane, on découvre une multitude de petits commerces où les artistes exposent et vendent  leurs tableaux, des galeries, des petites écoles, des collectifs et des centres communautaires dédiés à l’art. L’allée «Paseo de Marti» est un incontournable. Le samedi les artistes y exposent leur travail. Je m’y suis procuré une magnifique oeuvre. Un petit achat pour les touristes, mais qui représente beaucoup pour eux.

La liberté d’entreprise ?
Je vous parie que dans un avenir très proche les artistes cubains occuperont une place beaucoup plus importante dans le monde des arts visuels. Ils ont un grand besoin de diffusions. Heureusement, depuis 2009 le régime dit «communiste» s’ouvre progressivement à la liberté d’entreprise. Espérons que lorsque le leader maximo Fidel Castro nous quittera, qu’ils préserveront encore un peu de ce caractère social, qui rend ce pays si particulier. Avis aux amateurs d’authenticité. On est loin des villes froides aseptisées à l’Occidental. Les contemplatifs découvriront à La Havane, un véritable musée à ciel ouvert.

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