L’acquisition d’œuvres d’art par les entreprises : un moyen efficace pour encourager les artistes d’ici
Par Caroline Renaud
Si le Québec rayonne autant à l’échelle nationale qu’internationale, c’est en grande partie en raison de sa culture. Nos artistes et nos artisans en sont les véritables moteurs et la culture constitue assurément un levier de développement économique très important.
Dans la région métropolitaine de Montréal, le secteur culturel est en forte croissance. Selon une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, en 2008, on recensait 96 910 emplois directs, équivalant à une croissance annuelle de 4,6 % par année en dix ans. Par comparaison, la moyenne globale du marché du travail était de 1,7 % au cours de cette période, ce qui est nettement inférieur à la croissance de l’emploi dans le secteur culturel.[1]
Quant aux retombées économiques annuelles totales, le secteur de la culture à Montréal génère, selon l’étude, 12 G$, ce qui est loin d’être négligeable. En fait, la contribution directe à l’économie est évaluée à 7,8 G$, ce qui représente environ 6 % du PIB de la grande région de Montréal.[2]
Il est donc dans notre intérêt collectif de chercher constamment à stimuler la créativité de nos artistes et artisans, et l’un des moyens à privilégier est d’acheter leurs œuvres. Selon une récente enquête menée par l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, les entreprises collectionneuses interrogées représentent toutefois la seule catégorie d’établissements, parmi les quatre catégories examinées, dont la valeur des achats d’œuvres d’art en 2008-2009 est passée sous la moyenne des cinq dernières années.[3]
Les gens d’affaires pourraient ainsi contribuer davantage au développement culturel du Québec. En investissant dans l’art, l’entreprise a l’occasion d’afficher ses goûts et ses couleurs artistiques, ce qui lui confère une personnalité intéressante et remarquée. D’ailleurs, les gouvernements offrent des avantages fiscaux à cet égard.
L’acquisition d’œuvres d’un artiste canadien effectuée dans un contexte commercial est avantageuse pour les entreprises. Elle permet de bénéficier d’une déduction fiscale sous forme d’amortissement, tant au provincial qu’au fédéral. Plus précisément, l’incitatif fiscal est une déduction dégressive de 33,33 % du coût d’acquisition de l’œuvre au Québec et de 20 % au fédéral, et ce jusqu’à remboursement du coût d’acquisition complet.
Caroline Renaud
est directrice principale, fiscalité
chez Raymond Chabot Grant Thornton
[1] Chambre de commerce du Montréal métropolitain, La Culture à Montréal : impacts économiques et financement privé, novembre 2009, p. 2.
[2] Ibidem.
[3] Christine Routhier, Les acquisitions d’œuvres d’art des musées, des entreprises et des institutions en 2009-2009, Observatoire de la culture et des communications du Québec, no 69, décembre 2010, p. 3.



