Intéressant mais …
Par Clément Drolet
Jeudi dernier j’ai trainé mes pénates vers le centre en art actuel Sporobole. Évidemment j’étais très curieux de plonger dans l’univers de Marlène Ferrari et son expo Entre nous soit dit
Première impression : Paf, fracture de l’œil, la couleur est vive et très exubérante. Plus je la regarde et plus je me demande si c’est bien un orange ou un rose, l’effet est quelque peu hypnotique, déstabilisant à la limite. Franchement, c’est assez impressionnant d’être envahit par de la typo surdimensionnée. Surtout le très grand format qui couvre la totalité du mur du fond.
Une fois ressaisi, replacé mes verres de contacts à l’endroit, je décante. Comme Marlène, moi aussi je questionne, une question plate, bête, mais une question pareille. Est-ce le fait que nous, Sherbrookois amateurs d’art, n’avons tellement rien à nous mettre sous la dent comme art actuel ou contemporain qui nous amène à se contenter de si peu. Oui, j’admets, l’effet est là, mais l’effet passe vite. Rapidement on a fait le tour. Aussi, avec du recul, justement, ne reculons nous pas encore dans les années soixante avec le Pop art? Donc, rien de neuf sous l’ soleil. Je vous l’ai dit, prévenu vous étiez, les questions sont bêtes, secs et radicales. Pour un centre qui prône l’art de recherche et de nouveauté…j’ crois que la cible a été ratée de beaucoup.
Évidemment la démarche de Marlène vient bonifier et appuyer l’exposition, mais est-ce une démarche que le spectateur veut voir ou bien de l’art. L’impact aurait pu être encore plus intense. Mais on dirait que l’artiste s’est arrêtée dans son élan. Une audace polie qui s’est retrouvée sur quelques toiles. Oui je suis d’accord avec l’ambiguïté entre l’art et la publicité, mais le produit que j’ai sous les yeux ne me fait pas vibrer à ce diapason. Il n’effleure que le sujet. Il est évident que pour le néophyte cela peut paraître impressionnant, mais pour ceux et celles qui visitent musées et galeries… cette expo fait office d’amuse gueule.
Voilà pourquoi je me questionne. Est-ce que ma perception de l’impact au sujet de cette exposition n’est pas biaisé par le fait qu’il n’y rien d’autre de ce genre à Sherbrooke et voire même en Estrie? Donc, c’est sur mon appétit que je suis parti manger une croûte. Un appétit qui s’est ouvert à voir de l’art, de l’actuel, du vrai. Cela aura eu ça de bon.



