Galerie Foreman « Un monde dans lequel plusieurs mondes s’inscrivent »
Par Patrice Côté
C’est le titre de l’exposition que vous avez encore l’occasion d’aller visiter jusqu’au 20 mars prochain à la Galerie Foreman de l’Université Bishop à Lennoxville. Une exposition qui nous invite à se questionner sur notre avenir commun pour ceux qui ont le courage de regarder en face les défis qui sont les nôtres dans ce monde mondialisé où les libertés économiques prennent le pas sur ceux des collectivités.
Dès le départ, des miroirs suspendus à des fils nous invite à porter un regard sur « nous » afin de nous interroger. L’exposition est à l’image du mouvement altermondialiste, rythmée, colorée et hétéroclite. Qu’est ce que le mouvement altermondialiste? « L’altermodialisme ou altermondialisation est un mouvement social qui, face à une logique de mondialisation libérale effrénée, revendique et met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique, la sauvegarde de l’environnement, les droits humains en vue d’une mondialisation maîtrisée et solidaire. »
Dans ce monde dit de la mondialisation, ici marqué par l’omniprésence d’écrans de télévision, on nous présente des vidéos des différentes luttes sociales qui ont eu lieu à travers le monde, Seattle en 1999, Le sommet de Québec en 2001, Prague, Salzbourg, Gènes, Buenos Aires, Gleneagles, Saint-Petersbourgs, Heiligendamm. Sur les murs de la galerie, on retrouve une variété d’œuvre, des affiches qui appellent à la mobilisation, des photographies, des estampes qui témoignent de la vitalité et de la créativité du mouvement et de ses luttes sociales.
Au centre de la galerie, on nous invite à s’asseoir, comme dans un « seating » en guise de manifestation, sur une magnifique toile géographique peint de couleurs vives. On y reconnaît une onde de choc. Comme quoi les luttes sociales se poursuivent toujours sur le terrain, loin du confort des mieux nantis. Et là, assis en indien on peut écouter la vidéo d’une manifestation en opposition au sommet du G8 qui s’est tenue à Heiligendamm en Allemagne. Une armée de clowns affrontent dans la joie les regards des policiers. Les militants revendiquent l’allègement de la dette en faveur des pays les plus pauvres.

Vous l’aurez deviné, j’ai beaucoup apprécié cette exposition, pour ces installations soigneusement conçues où l’art et luttes sociales ne font qu’un. Je salut au passage l’initiative de la Galerie Forman d’avoir présenté cette exposition et mis en lumière l’apport de ces semeurs d’espoir, ces artistes, militants et intellectuels qui lutte en faveur de l’émancipation et de la dignité humaine.



