Étienne Saint-Amant, un chaos bien défini

1 juin 2011

Quand j’ai rencontré Étienne Saint-Amant pour la chronique, je n’avais pas en tête de faire un papier sur sa démarche ni sur ses œuvres. Curieux me direz-vous, je vous l’accorde. Je trouvais que cet aspect avait déjà été amplement couvert. Moi, je voulais connaître son état personnel. Comment vis-t-il sa réalité en tant qu’artiste en pleine ascension. Ce fut donc au travers des raviolis et du sourire de son garçon, Manoa, que j’ai réalisé cette entrevue.

Forger sa méthode
N’est-il pas intéressant d’être dans la jeune trentaine et de voir ses créations interpeller le milieu de l’art, de susciter un intérêt et de recueillir de la reconnaissance de ses pairs? Effectivement, et l’auteur de ces œuvres en est pleinement conscient. Mais derrière ce succès, Étienne Saint-Amant fait beaucoup de sacrifices et d’autres suivront encore. Depuis plus de quinze ans, Étienne s’intéresse à l’art fractal, art qu’il découvre dans sa jeunesse et qui l’interpelle de façon viscérale. C’est à ce type de création qu’Étienne Saint-Amant se consacre totalement. Tout d’abord, c’est en tant qu’autodidacte qu’Étienne a commencé à forger sa propre méthode. C’est en suivant les traces des maîtres en la matière, qu’Étienne a fait ses premières armes. Suite à une bonne compréhension du médium, l’artiste a commencé à développer ses propres structures par la suite. Aujourd’hui, Étienne Saint-Amant est à l’avant-garde de ce type d’art.

Galerie, qualité et quantité

Malgré tout le succès entourant ses œuvres, Étienne Saint-Amant garde la tête froide et ne perd pas son côté calculateur, tout est réfléchi et chaque action a un but précis. Tout comme son art, ses calculs le mènent à une grande œuvre qu’il tente de rendre à son apogée. Une partie du succès d’Étienne, c’est sa capacité à bien s’entourer. Depuis peu de temps, Étienne travaille en étroite collaboration avec la Galerie Beauchamp et il s’est adjoint un agent pour développer de nouveaux marchés. J’ai demandé à Étienne si cela lui mettait une pression supplémentaire dans sa production. Évidemment, cela amène sa carrière sous une perspective différente, sans parler de compte à rendre, Étienne doit fournir cette galerie en quantité, mais aussi en qualité. L’investissement financier est assez considérable de la part de l’artiste. C’est le prix à payer pour entrer dans les ligues majeures en quelque sorte. «Quand tu vends tes œuvres au-delà d’un certain prix, elles se doivent d’être parfaites et même plus, elles deviennent réellement des œuvres d’art, des bijoux» me confie Étienne. «Cela fait partie des actions que doit entreprendre tout artiste qui désire sérieusement faire carrière dans le monde de l’art

La création est une chose en soi, certaines personnes peuvent créer toute leur vie sans nécessairement faire carrière, mais tout artiste désireux de faire sa marque, doit se soumettre à certaines exigences que le monde de l’art exige. Vivre de son art, c’est avoir une entreprise, est-on prêt à investir temps et argent de façon continue pour développer son marché? Est-on prêt à mettre sur l’autel du sacrifice un peu de sa vie sociale et familiale afin d’atteindre son but? Si la réponse est affirmative, eh bien, lancez-vous!