Du slam à l’encan avec David Goudreault

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L’encan Zone Art au profit du raccrochage social est représenté, cette année par le fameux slameur David Goudreault. Le poète de l’oralité a, en effet, accepté gracieusement le poste de porte-parole officiel de l’événement.

L’implication de ce champion mondial du slam n’a rien de surprenant pour quiconque connaît ce grand bonhomme jovial.  Quand il ne «poétise» pas sur scène devant une foule, David besogne comme travailleur social au CÉGEP de Sherbrooke. «Ma poésie, explique l’artiste, se nourrit de mon travail avec les jeunes. Et mon succès nourrit en retour ces jeunes en difficulté. Ils  découvrent dans ma démarche un moyen de développer leurs compétences et s’aperçoivent qu’il y a des opportunités d’être écoutés et d’assumer leurs buts et leurs croyances.  Ma force réside dans le moyen que j’ai de créer une étincelle chez ces jeunes au lieu de tenter de leur remplir le crâne.»

Le slameur a décidé d’adhérer à l’événement car les bénéfices aident directement les jeunes qui sont au centre des ses actions sociales et de son boulot. En effet, Goudreault gravite autour des organismes bénéficiaires comme le Spot Jeunesse et Le Tremplin 16-30, ce dernier organisme lui ayant à maintes reprises permis d’exprimer son slam dans ses locaux.

Adepte des arts visuels
De plus, Goudreault est un adepte des arts visuels : «J’achète des œuvres d’art, surtout de la région, concède-t-il. En quelque part, il s’agit de produits équitables et les tendances artistiques sont, pour moi, associées au raccrochage des jeunes. Tout comme pour la musique et l’achat de disques, en achetant des œuvres d’art, on fait rouler l’art. On peut voir ça comme un échange.»

Courage et motivation
Travailleur social, il réinsère socialement les décrocheurs en leur donnant du courage et de la motivation. Et c’est, surprenamment, par son amour de la langue, par sa passion pour l’écriture et par sa verve éclatante qu’il touche, qu’il éveille, réveille et remet sur les rails ces enfants que la société a souvent laissés de côté. Plus qu’un poète, il est un apôtre. «Je m’aperçois, explique-t-il, que les jeunes  sont surpris par l’accessibilité qu’offre le slam. Il découvre les grandes possibilités qu’offre la poésie. Je les incite à en faire et je m’alimente de leur feed-back.»

Goudreault l’enfant problème
La jeunesse de Goudreault le rapproche grandement des jeunes en difficulté. Il a doublé à l’école, fut affublé de troubles de comportement; il n’était pas l’élève modèle. «À une époque, j’avais plus d’amis en prison qu’au CÉGEP, ajoute-t-il.  J’étais un enfant problème, mais grâce à une enseignante qui a crû en moi, je m’en suis sorti. J’ai lu beaucoup et me suis réapproprié la langue. Je dois absolument remercier mon père qui, dans mon enfance, m’a amené plus souvent à la bibliothèque qu’à l’aréna.»

Le gratte-papier
Outre sa carrière d’intervenant social, le parolier d’origine trifluvienne n’a pas fini de nous étonner. Après deux albums dont le succès ne cesse de prendre de l’ampleur, il déclare : «Avec le premier disque, je me suis vidé la tête d’une accumulation oppressante. En fait, je suis un porteur de papier, j’ai toujours un tas de petits bouts de papier dans mes poches. Un moment donné, je les mets tous ensemble et tout à coup apparaissent des textes complets. Avec le deuxième album, j’ai pu traiter plus précisément les sujets qui me touchent comme les relations humaines, le pouvoir de changement et la poésie humaniste. Mais au-delà de l’écriture, je suis, avant tout, un artiste de scène. Je jauge mon public et je m’alimente de ses réactions. J’aime provoquer le rire, les frissons et même les pleurs.»

La reconnaissance
Il faut croire que la poésie du slameur est populaire, car, sans promotion officielle, son premier album en est à sa troisième réimpression (plus de mille vendus) et le deuxième disque, beaucoup plus récent a, lui , déjà franchi la barre du millier. Grâce au fait qu’il est devenu rapidement célèbre, David a profité d’une exposition dans les médias qu’il n’avait pas planifiée. «La niche artistique que j’occupe est assez particulière, mentionne-t-il. Mon titre de champion du monde m’a aussi beaucoup aidé, car je suis ainsi devenu un slameur avéré et j’ai, par cela, acquis la reconnaissance de tous les rappeurs. »

«Mais, ce qui m’étonne, poursuit-il, c’est que les grandes entreprises de distribution ne s’entendent pas pour diffuser mon œuvre. Par exemple, la boutique Archambault de Trois-Rivières accepte de vendre mes disques alors que la même bannière à Sherbrooke les refuse. Ce qui me fait dire que les grands diffuseurs sont trop gourmands et on en vient à un traitement injuste envers les artistes. On nie parfois le génie, car on refuse un système qu’on ne reconnaît pas. Cependant, cette mise en marge ne me déplait pas, car ça me permet de rester motivé en faisant ce que j’aime sans les contraintes évidentes que les voies officielles imposent toujours.»

Et après?
David prépare un recueil de textes pour le printemps 2012. Il laisse entendre que le résultat sera bien différent de ce qu’il a enfanté jusqu’à aujourd’hui. Probablement en prose avec moins ou pas de rimes cette œuvre répondra à son besoin incessant de renouveau.  Une chose est certaine, c’est que l’univers des belles paroles n’a pas fini de vibrer de ses échos.

C’est donc le jeudi 22 septembre prochain, lors de l’encan Zone Art au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke, que vous pourrez rencontrer ce poète original qui offrira, pour l’occasion quelques prestations parmi ses meilleures.

Détails sur l’encan

Site Web de David Goudreault

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