Des petits bonshommes chez Zone Art
![]()
Des petits bonshommes chez Zone Art
Amélie Boissonneau
Scène culturelle – 24 novembre 2010
Voilà maintenant quelques années que les petits bonhommes ont spontanément pris d’assaut les lieux publics. Lorsqu’on ne les voyait pas affichés sur les murs et clôtures du centre-ville de Sherbrooke, c’est au feu Téléphone rouge et Oktoshop qu’on les retrouvait en petit, moyen et grand formats. Et s’il fut longtemps impossible de mettre la main sur ces œuvres de l’artiste sherbrookois Ultra Nan, la galerie en ligne de Zone Art est récemment devenue le seul endroit pour faire entrer Petit bonhomme chez soi.
Il fait, depuis plus ou moins cinq ans, partie du paysage urbain sherbrookois. Parfois avec un cœur dans les mains, il crie à la liberté, à l’engagement, à l’amour, le tout dans des situations loufoques et évocatrices qui portent à la réflexion. Dans sa simplicité, le Petit bonhomme parle et touche les gens.

« Petit bonhomme me suit et fait partie de moi, de mon intimité. Au jour le jour, il me permet d’exprimer des émotions, des valeurs, du ressenti et ma position par rapport au monde », explique Ultra Nan qui n’a pas l’habitude de dévoiler son identité sur la place publique.
« Ce n’est pas important pour moi d’être reconnu ou que l’on sache qui est l’artiste. Je veux d’abord attirer l’attention sur le message véhiculé par petit bonhomme et donner du crédit aux œuvres. »
Faire ressortir l’émotion, telle est donc la mission accomplie par ce personnage expressif et engagé socialement. « Lorsque mes œuvres suscitent beaucoup d’émotions, lorsque les gens sont touchés, eh bien, c’est pour moi l’ultime récompense », poursuit celui qui travaille sur des retailles de bois avec des peintures recyclées.
Noble rémunération, ce que les gens ressentent suffit ainsi à combler Ultra Nan. « Je le fais par passion. Au début, j’offrais Petit bonhomme à des gens qui vivaient des situations bien précises comme une naissance, un mariage, un deuil. Je n’ai jamais voulu vendre mes œuvres parce que je ne suis pas heureux ni avec la vente ni à l’aise avec l’argent, indique celui qui a longtemps demandé aux acheteurs de faire directement un chèque à un organisme de charité en échange d’une de ses œuvres. Mais disons que ça commençait à prendre de la place, tout ça! »
En fait, c’est Patrice Côté, coordonnateur de Zone Art, qui a su convaincre M. Nan de vendre ses œuvres pour la première fois, et ce, par le biais de sa nouvelle galerie en ligne. « Petit bonhomme est très populaire, alors je me suis dis que l’on pourrait faire des tests avec lui, explique-t-il. Notre défi, c’est de bien encadrer les artistes et de rendre le tout facile pour les amateurs d’art. » C’est justement à cause de cette formule qu’Ultra Nan a accepté d’y vendre une trentaine de ses tableaux.
Destinée aux artistes, collectionneurs et amateurs d’arts, cette galerie reste d’abord et avant tout un lieu d’échanges commerciaux dédié à l’art visuel. «Beaucoup d’artistes restent pris avec leurs œuvres. En fait, Sherbrooke est en retard en arts visuels en comparaison avec d’autres villes du Québec. Le talent est là, mais il n’existe pas d’outils pour les aider à vendre ou encore donner de la visibilité à leur travail », explique M. Côté en soutenant que la galerie se situe en complémentarité au site Internet de Zone Art, qui présente déjà le travail des artistes membres.
Et Petit bonhomme dans tout ça? « Ultra Nan est authentique dans sa démarche, tout en étant de son époque, il est universel. Il me touche par ses préoccupations sociales et l’accessibilité de ses œuvres qui peuvent être lues à plusieurs niveaux », reconnaît Patrice Côté en soulignant au passage qu’il ne serait pas surpris de voir le petit personnage dans une galerie de New York un jour.
Mais pour le moment, ses messages de paix et d’amour peuvent être vus au www.zone-art.ca, sur les murs de la microbrasserie Boquébière et très bientôt, au mois de mars, à la Galerie du Centre culturel de l’Université de Sherbrooke… Pour plus d’information, on visite le www.ultranan.com.
À retenir
• Zone Art est un diffuseur en arts visuels qui vient de lancer une galerie où les collectionneurs peuvent acheter les œuvres des artistes membres du collectif en ligne.
• Ce sont les petits bonshommes de l’artiste sherbrookois Ultra Nan qui sont les premiers à se retrouver dans cette galerie.
• Les petits bonshommes sont la marque de commerce d’Ultra Nan. En plus de suivre l’artiste depuis quelques années maintenant, ils transportent des messages forts et touchants.