Contraste de Jacqueline Plante
Par Alain Jacques
Contraste est le titre de l’exposition de cette grande artiste de la région de l’Estrie, mais également l’effet rendu par les œuvres présentées à la Galerie des artistes du Canton :
des œuvres monochromes blanches, immaculées, dans la salle Jacques Boisvert s’opposant à celles fortement colorées de la salle Mobilis, les unes faisant ressortir les autres.
Du 1 au 31 septembre 2009, Jacqueline Plante tient une exposition qui fait contraste en quelque sorte avec une certaine production connue qui lui a valu le surnom de « Madame Tulipe ».
Détentrice de trois baccalauréats de l’Université Laval, notamment en Arts visuels, elle a été enseignante au cégep de l’Abitibi Témiscaminque et chargé de cours à l’UQAT. Jacqueline Plante est une artiste qui possède une importante production d’œuvres et aussi un long bagage d’expériences à l’étranger : expositions en Europe, à Toronto, à New York. Elle s’est toujours intéressée à l’art, à la création et à opté tout au long de sa carrière pour différentes approches tant en gravure, en peinture ou en sculpture. D’ailleurs, ces trois médiums sont omniprésents dans Contraste où certaines œuvres font appel littéralement au côté tridimensionnel des éléments -notamment les œuvres de la salle Jacques Boisvert.
Contraste regroupe une trentaine d’œuvres réalisées, en grande partie, à la fin des années 1990. Le choix des tableaux s’est fait en collaboration avec la galeriste Lorraine O’Cain. Les œuvres de la salle Mobilis peuvent être qualifiées d’ « expression abstraite », tantôt dans des couleurs de pastels tantôt dans de puissants coloris.
« La forme c’est comme en moi, c’est ma base. J’aime que ce soit lumineux. J’aime la vie, que les choses soient dynamiques » raconte l’artiste. C’est sans conteste ce que le spectateur observe : des tensions entre formes et mouvements de couleurs.
Jacqueline Plante a toujours eu un immense intérêt pour l’environnement et les paysages de l’Abitibi où elle a demeuré durant plusieurs années.
Une Abitibi toujours présente en elle : un ciel, de grands espaces, de grands espaces blancs de neige, des couchés de soleil.
Longtemps l’artiste a été associée à une production qui met en présence des tulipes. L’artiste, bien qu’elle présente des abstractions, ne s’en détache pas moins. Loin de là. « Ces couleurs propre à la nature et aux tulipes, elles se trouvent dans mes tableaux. Les tulipes sont trahis par les couleurs de l’exposition » dit-elle avec un sourire avant d’ajouter : « En fait, donnez-moi des couleurs vivantes et je m’amuse! ».
Et comment voit-elle aujourd’hui les artistes de la relève? Sur cette question, Jacqueline Plante en a long a raconter. Par moment, on a l’impression qu’elle endosse plusieurs prises de positions de la pamphlétaire québécoise Marcella Maltais. Selon madame Plante, l’artiste doit travailler, s’impliquer entièrement dans sa démarche artistique, se questionner. La recette d’une artiste authentique ? « Il faut que l’artiste travaille, qu’il ait une personnalité et assez de caractère pour défendre ses œuvres, croire en son art. Il faut qu’il soit en mesure d’apprécier et d’interagir avec le travail des autres artistes, de s’interroger sur son processus. Et aussi, il doit posséder une bonne formation en arts visuels ».




