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Mardi, 9 mars, 2010
par Patrice Côté

C’est le titre de l’exposition que vous avez encore l’occasion d’aller visiter jusqu’au 20 mars prochain à la Galerie Foreman de l’Université Bishop à Lennoxville. Une exposition qui nous invite à se questionner sur notre avenir commun pour ceux qui ont le courage de regarder en face les défis qui sont les nôtres dans ce monde mondialisé où les libertés économiques prennent le pas sur ceux des collectivités.
Dès le départ, des miroirs suspendus à des fils nous invite à porter un regard sur « nous » afin de nous interroger. L’exposition est à l’image du mouvement altermondialiste, rythmée, colorée et hétéroclite. Qu’est ce que le mouvement altermondialiste? « L’altermodialisme ou altermondialisation est un mouvement social qui, face à une logique de mondialisation libérale effrénée, revendique et met en avant des valeurs comme la démocratie, la justice économique, la sauvegarde de l’environnement, les droits humains en vue d’une mondialisation maîtrisée et solidaire. »

Dans ce monde dit de la mondialisation, ici marqué par l’omniprésence d’écrans de télévision, on nous présente des vidéos des différentes luttes sociales qui ont eu lieu à travers le monde, Seattle en 1999, Le sommet de Québec en 2001, Prague, Salzbourg, Gènes, Buenos Aires, Gleneagles, Saint-Petersbourgs, Heiligendamm. Sur les murs de la galerie, on retrouve une variété d’œuvre, des affiches qui appellent à la mobilisation, des photographies, des estampes qui témoignent de la vitalité et de la créativité du mouvement et de ses luttes sociales.
Au centre de la galerie, on nous invite à s’asseoir, comme dans un « seating » en guise de manifestation, sur une magnifique toile géographique peint de couleurs vives. On y reconnaît une onde de choc. Comme quoi les luttes sociales se poursuivent toujours sur le terrain, loin du confort des mieux nantis. Et là, assis en indien on peut écouter la vidéo d’une manifestation en opposition au sommet du G8 qui s’est tenue à Heiligendamm en Allemagne. Une armée de clowns affrontent dans la joie les regards des policiers. Les militants revendiquent l’allègement de la dette en faveur des pays les plus pauvres.

Vous l’aurez deviné, j’ai beaucoup apprécié cette exposition, pour ces installations soigneusement conçues où l’art et luttes sociales ne font qu’un. Je salut au passage l’initiative de la Galerie Forman d’avoir présenté cette exposition et mis en lumière l’apport de ces semeurs d’espoir, ces artistes, militants et intellectuels qui lutte en faveur de l’émancipation et de la dignité humaine.
Mardi, 2 mars, 2010
par Émilie Paré

Aujourd’hui, je m’adresse à vous pour la toute première fois depuis mon arrivée chez Zone Art et mon sujet n’est pas banal, bien au contraire.
C’est avec enthousiasme que je rencontrais plus tôt cette après-midi le sculpteur sherbrookois Clôde Beaupré. La passion avec laquelle cet artiste aborde son art est contagieuse. En effet, M. Beaupré est tellement impliqué culturellement, tant auprès des jeunes que dans la région, et il en parle avec un tel enthousiasme que l’on ne peut faire autrement que tomber sous le charme.
Son intérêt et sa passion pour l’art remontent à son enfance. Il me raconte en effet qu’étant jeune, il avait en permanence un crayon à la main. Lorsque ses frères et sœurs s’amusaient entre eux, lui dessinait. À 16 ans, il eut son premier contact avec l’argile et est littéralement tombé en amour avec la matière, depuis il l’exploite sous toutes ses formes et prend plaisir à la défier techniquement. L’argile étant éternelle, le fait de la travailler est un moyen de laisser une trace dans le temps.

Clôde Beaupré a plusieurs expositions à son actif et est bien connu dans la région. Toujours à l’affût de nouveaux défis, il a ressenti le besoin d’exporter son art jusqu’à la capitale mondiale culturelle : New York! Il songeait à ce projet depuis environs deux ans, habité par le désir de percer ailleurs et de jouer dans les ligues majeures. C’est donc suite à la sortie de sa série d’oeuvres sur les événements du 11 septembre 2001, qui furent exposés à la Galerie des artistes du Canton à Magog, que notre artiste s’est installé à son ordinateur et a recherché des galeries new yorkaises dans le but d’envoyer son dossier. Située sur la 25ième avenue, nulle autre que la célèbre galerie Agorafut favorable à la demande de Monsieur Beaupré! Chaque année, cette galerie organise une exposition collective mettant en vedette des artistes canadiens. Cette année, l’exposition Beyond Borders regroupait 12 artistes. Suite à cette nouvelle, un processus de longue haleine s’est enclenché. Dans un premier temps s’imposait la traduction de tous les documents en anglais, la numérisation des images et la nécessité d’un dossier bien étoffé. Sur neuf pièces, six œuvres de Monsieur Beaupré ont été sélectionnées et il fallait les transporter. Suite à un travail méticuleux pour construire une boîte en bois servant de protection aux sculptures, le coût du transport n’incluant pas les assurances des œuvres s’est révélé très élevé. Le plan « B » étant d’aller porter par lui-même ses oeuvres à la galerie s’est avéré une impressionnante série de procédures pour finalement recevoir le document nécessaire à la douane deux jours avant le départ! Malgré les frais élevés, le prestige de voir ses créations exposées au même titre que de gros noms dans le domaine des arts est un salaire en soi qui vaut le détour! Exposer à New York et côtoyer des artistes tous plus colorés les uns que les autres n’est comparable en rien à ce qu’on voit ici. M. Beaupré est instantanément tombé amoureux de cette ambiance et caresse le projet d’y retourner très bientôt.
Étant resté en contact avec la galeriste new yorkaise, il est prévu que s’organise une autre exposition en 2011 sous le thème exclusif du 11 septembre 2001. Tous les artistes auraient à se conformer à ce thème. Clôde travaille présentement la suite de cette exposition, ses créations étant de plus en plus hautes, il avoue lui-même qu’il ne peut les monter plus, étant freiné par la dimension de son four. Cette fois, ayant déjà un premier contact avec l’univers new yorkais, il s’ajuste et sa production sera teintée de son expérience. Ses sculptures seront à la fois expressives et dramatiques, inusitées et colorées. Il explique que nous serons face à des toiles en trois dimensions. Il y aura dénigration et glorification de l’urbanisme.

Il adore la région de l’Estrie, où selon lui absolument tout est propice à la création pour un artiste. Seulement, pour avancer, on doit exporter. D’ailleurs, cet homme est incapable de s’arrêter. M. Beaupré est enseignant en arts plastiques au niveau secondaire depuis 20 ans. Alors que je lui ai demandé ce qui l’a poussé vers l’enseignement comme choix de carrière, il me répond spontanément que l’acte de créer est extraordinaire, mais que celui de « FAIRE CRÉER » l’est tout autant. Il m’explique qu’il vit des instants magiques avec ses élèves, moments qu’il nomme des silences naturels. Il sait que plusieurs jeunes se retrouvent dans ses cours non par choix, mais par obligation. Il est conscient que l’adolescence soit une période difficile pour certains jeunes, mais lorsque ces derniers se retrouveront face à la matière, les mains dans l’argile, le phénomène magique agira, celui de constater qu’il se trouve avec plus d’une trentaine de jeunes dans une même pièce travaillant leur matière pour créer une oeuvre et que s’est installé un silence naturel, c’est extraordinaire et magique. Toutefois, bien qu’il adore son métier et le pratique avec la même passion qu’à ses débuts, M. Beaupré connaît ses limites et sait qu’il doit laisser à l’école le stress lui appartenant et qu’en arrivant en soirée il pourra se réfugier dans son univers créateur, son atelier, ses matériaux, son monde quoi! Pour lui, il est impartial de faire le vide suite à une journée de travail.
En conclusion, aujourd’hui j’ai non seulement rencontré un artiste accompli, mais un homme passionné à tous les niveaux. Pas étonnant qu’il se soit senti comme chez lui et ait trouvé sa place à New York, sa production est une poésie de formes et d’émotions vibrant au rythme de la vie!
Dimanche, 14 février, 2010
par Clément Drolet

Enfin, redonnons libre cours à la spontanéité, redonnons nous l’espace pour jouer, s’exprimer et s’affirmer sans toutes les entraves intellectuelles que le milieu de l’art s’amuse à mettre sur pied afin de créer un espèce de filtre. À bas le filtre et explorons que diantre!
L’exposition Regards sur l’art cru est le résultat de la réflexion de feu Henri Barras. Réflexion que nous retrouvons en détail dans son essai De l’art cuit à l’art cru. C’est vers une liberté de création que son auteur voulait nous ramener. Vers l’essentiel par le déséquilibre de nos habitudes.
Selon l’historien de l’art Henri Barras, le «cru» comprend toute œuvre née de l’impulsion, de la nécessité absolue qui pousse un individu à s’exprimer. C’est « le mouvement de l’âme que rien ne vient entraver ». Pour lui, la création se nourrit de métamorphoses, d’ « écarts » et de déséquilibres intérieurs. « Comme dans la marche de celui qui se dirige vers un point donné, la création est le fait d’un déséquilibre et d’un mouvement qui empêche, par contrecoup, le corps de tomber ». C’est ce qui permet au créateur de reformer le monde selon ses propres intuitions. Transcender les frontières.

Ce que nous retrouvons dans ces œuvres c’est la vie, la vie brute, la vie rêvée, la vie ratée. Le geste est relié au corps et le corps à la matière. Le pigment devient les traces d’une vie enfouie, qui grâce aux ateliers offerts par Les Impatients, rejaillis enfin pour libérer son porteur. Pas de démarche longue et fastidieuse ici, que nenni! C’est le genre d’exposition idéale pour tous ceux et celles qui se sentent dans un vide créatif et qu’un peu de spontanéité leur redonnerait le goût de créer. Toutes les œuvres nous livrent un univers. Certaines choquent, d’autres font rire et plusieurs questionnent. Mais toutes les œuvres qui nous sont livrées généreusement nous touchent de près ou de loin.

Évidemment, derrière cette exposition, il y un but, ce but c’est celui de M. Barras. Nous amener à nous questionner sur la valeur que nous donnons à l’Art. Une valeur superflue? Regards sur l’art cru est la présentation physique de la réflexion d’Henri Barras, c’est sa réflexion sur le milieu de l’art lui-même. Dans son livre De l’art cuit à l’art cru, M. Barras nous le dépeint comme un univers qui s’est mis à côté de la track à force de chercher à y être.
L’exposition est pour tous genre de publics. Autant l’amateur d’art que le néophyte y trouvera satisfaction. Vous pourrez donc visiter l’exposition du 13 février au 21 mars 2010 à la Maison des arts et de la culture de Brompton www.maculturebrompton.com
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