Artistes du bout du monde

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Le Service d’aide aux néo-Canadiens (SANC) vient d’élire domicile rue Prospect. Dans cet édifice qui encore tout récemment abritait la Coopérative funéraire de l’Estrie, l’organisme présente ces jours-ci une exposition hors normes.

Ils viennent d’Afghanistan, de France, d’Irak. Ils sont nés en Amérique du Sud, en Ukraine, en Haïti. Ils ont quitté leur pays depuis quelques années ou quelques mois pour venir s’installer dans nos Cantons. Qu’ont en commun plusieurs de ces néo-Sherbrookois? La réponse tient en trois lettres : A-R-T.

C’est la présidente du conseil d’administration du SANC, Hélène Ouellet, qui est à l’origine de cette exposition regroupant une soixantaine d’œuvres, signées par 27 artistes, professionnels et amateurs. L’artiste André Lacroix a quant à lui procédé à l’accrochage de ces bijoux, tous créés par des immigrants.
Exorciser la noirceur, exprimer l’espoir

Pour plusieurs de ces artistes, le passé fut parsemé d’embûches et certains ont choisi de l’exprimer à travers leurs œuvres. À titre d’exemple, le photographe Ahmed Waheed Sarmed, originaire d’Afghanistan, qui signe des clichés d’une intensité à couper le souffle. Fernando Dardon, né au Guatemala, a quant à lui illustré la pesanteur et l’injustice dans son œuvre peinte intitulée « Vers Aushwitz ».

Sur les murs de cette galerie d’art improvisée, on retrouve aussi des œuvres qui font sourire, comme celle d’Ivana Elverde, native d’Argentine. Arrivée au Québec depuis un an et demi, c’est dans son appartement que la jeune femme a trouvé la grande surface de bois qui allait lui permettre de peindre sa richesse : son fils nouveau-né. Jean-Baptiste Dupuy, né en France, a quant à lui immortalisé son amoureuse dans « Elise au lys », un montage photo et acrylique, tandis que Stéfan Strarenkyj, originaire d’Ukraine, a peint la maison ancestrale de l’Île d’Orléans où lui et sa famille ont habité à leur arrivée au pays.

Mon coup de cœur de cette expo : « Ma ville imaginaire », une œuvre de Santagio Garcia Medina, un garçon de 10 ans. Sur une feuille blanche, le jeune Colombien a dessiné au stylo les menus détails d’une ville plus vraie que nature. Une seconde feuille s’est ajouté à la première, puis une troisième et d’autres encore. Le résultat vaut à lui seul la visite.

Au travers ces dizaines de trésors, on retrouve des œuvres matures, d’autres naïves; certaines très belles, d’autres troublantes. Ça vous intéresse? On se fera un plaisir de vous accueillir, de préférence le mardi et le jeudi, en après-midi. Hâtez-vous, les œuvres y sont jusqu’au 15 janvier. C’est impossible pour vous? Qu’à cela ne tienne, vous vous reprendrez puisqu’on fera de cet événement un rendez-vous annuel.

Exposition jusqu’au 15 janvier 2010
Service d’aide aux Néo-Canadiens (SANC)
530, rue Prospect, Sherbrooke
Renseignements : 819 566-5373

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